« Des écrivains parlent d’argent » (Théâtre de Paris)

Du GRAND, du TRES BON Luchini (comme toujours ai-je envie de dire) pour tous ceux qui, comme nous, l’apprécient.

Des textes toujours aussi admirablement bien choisis dans lesquels il mêle  (comme il sait si bien le faire) l’actualité politique agrémentée d’une pointe d’auto-dérision.

Ou comment donner un coup de jeune (si tant est que cela soit nécessaire) à Péguy, Marx, Hugo, Freud, Céline, La Fontaine et tant d’autres…

35 mn de pur bonheur en plus (la durée initiale est de 1h30).
Hier au soir c’était la Première, et c’est déjà un triomphe !

Pour ceux qui n’avaient pas, comme nous, réservé 6 mois avant, c’est (malheureusement pour vous) complet…

« Eloquence à l’Assemblée » (Théâtre de l’Atelier)

Putain.
C’était quelque chose !
Et puis étant donné le contexte politique français, il y a comme une résonance…

Imaginez : Joey Starr, rappeur, producteur et acteur sur la scène du petit Théâtre de l’Atelier.

Sa voix si particulière qui résonne dans toute la salle, vous ne l’oublierez jamais. Il habitera les murs à tout jamais.
Quant à sa présence, je savais qu’il en imposait mais là franchement, chapeau bas.
Sans oublier son art d’apostropher le public comme il sait le faire.
Tout cela associé aux sublimes mise en scène de Jérémie Lippmann et scénographie de Jacques Gabel rendent le tout terriblement réussi.

Alors oui il s’est repris plusieurs fois (toute première sur les planches), mais là n’est pas le principal et ce n’est pas gênant sur l’ensemble. Il porte le verbe tellement haut qu’on ne peut que lui pardonner. C’est même émouvant. Le naturel est souvent désarmant…
Parce que je peux vous affirmer qu’Hugo et Olympe de Gouges (Robespierre, Lamartine, Jaurès, de Gaulle, et j’en passe) venant des entrailles de cet homme hors norme, ça l’fait grave.

Bref comme qui dirait, c’est d’la dynamite !
Et je confirme ce que mentionne le Théâtre de l’Atelier sur son site parce que je ne trouve pas mieux comme formule :

« On entend le peuple gronder dans sa gorge… »

Si vous faites partie des chanceux qui ont réussi à se procurer des places, vous avez eu du nez étant donné le peu de promotion qu’il y a eu.
Pour les autres, vous raterez une prestation unique et une heure de pur bonheur de sens de la formule et de mots fort à propos que l’on n’entend malheureusement plus assez.

« Le cas Sneijder » (Théâtre de l’Atelier, Paris)

Paul Sneijder est l’unique survivant d’un accident d’ascenseur. Sa fille y a perdu la vie. Depuis ce jour, sa perception de la réalité s’est affinée, comme si quelqu’un avait monté le son du vacarme du monde. (Babelio)

Que peut faire un homme si sa femme le trompe ? Avaler ses petits mensonges comme il avale les poulets rôtis qu’elle lui mijote en rentrant le soir…
Que peut faire un homme qui a du mal à s’endormir ? Enfiler un pyjama en guise de somnifère et regarder par la fenêtre la neige blanchir la nuit…
Que peut faire un homme résolument modeste entouré de « Top-managers » et de « Corporate –leaders » ? Fuir la performance et s’évader d’un monde cruel en promenant des chiens pour quelques dollars….
Que peut faire un homme à qui la vie donne de l’eczéma ? Se gratter consciencieusement… ou prendre de la cortisone.
Que peut faire un homme discret pour présenter un chien dans un concours à Montréal ? Mettre un costume de parade, courir derrière lui sur une estrade et s’évanouir devant les juges…
Que peut faire un homme de taille moyenne que la verticalité du monde effraye ? Prendre un billet d’avion pour Dubaï et tenter l’ascension fulgurante de la plus haute tour du monde… (Théâtre de l’Atelier)

Adaptation du livre éponyme de Jean-Paul Dubois, j’ai trouvé très réussie et émouvante cette mise en scène de Didier Bezace qui nous fait passer du rire aux larmes avec une élégance rare.

Côté décors, ils sont beaux et les jeux de fumées retranscrivent à la perfection l’atmosphère autant fantaisiste que dramatique de l’histoire.
Nombreux (bravo aux équipes techniques qui n’ont pas le temps de s’ennuyer !), ils savent donner un rythme des plus intéressants au texte.

Côté casting, je ne suis certes pas de la profession mais il est impeccable à mes yeux.
La merveilleuse voix de Pierre Arditi  déclenche une profondeur supplémentaire aux mots et aux maux portés par Sneijder, Thierry Gibault  campe à la perfection le personnage assez burlesque de Charisteas et Sylvie Debrun alias Anna Keller est insupportable à souhait.
Mention spéciale pour Didier Bezace lui-même dont la voix grave éveille admirablement le personnage de Wagner-Leblond et Charlie, le chien (Fox dans la vraie vie) qui a été parfaitement dirigé et que j’ai pu caresser (et féliciter comme il se doit) dans les coulisses grâce à ma tante…

Bref j’ai passé un très bon moment et je vous recommande d’y aller ! (vous avez jusqu’au 22 avril)

NDLR. A la fin de la représentation, je vous assure que vous saurez prononcer « Sneijder »…

« Fabrice Luchini : Poésie ? » (Théâtre des Mathurins, Paris)

EXCEPTIONNEL !

Nous l’aurions écouté pendant des heures même s’il nous a largement gâtés côté aparthés.

Comme à son habitude, Fabrice Luchini joue avec les mots, les rythmes et les écrivains au gré de son humeur…


J’aimerais vous dire d’y aller, mais pour ceux qui n’ont pas déjà leurs billets en poche c’est complet jusqu’à la fin de l’année !

« La Vénus à la fourrure » (Théâtre Tristan Bernard, Paris)

La pièce est l’adaptation théâtrale d’un roman érotique allemand de Léopold Von Sacher-Masoch paru en 1870.
Roman Polanski en avait fait une adapatation cinématographique (que je n’ai pas -encore- vue) avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric en 2013.

Dans un décor très bien trouvé et un jeu de lumières des plus réussis, Marie Gillain est exceptionnelle dans le rôle de Vanda ! (bluffante, troublante, belle, admirablement libérée…).
Le duo formé avec Nicolas Briançon est à souligner.

« Thomas Novachek, metteur en scène new yorkais à la carrière peu florissante, vient d’adapter La Vénus à la fourrure tirée du livre de Sacher-Masoch. Il termine une journée de casting pour le rôle principal féminin qui s’est avérée être une véritable catastrophe. Complètement désespéré, il est sur le point de quitter son bureau lorsque Vanda Jordan, une ultime candidate, se présente. Très récalcitrant à accorder sa chance à cette jeune femme à la dégaine plutôt vulgaire, Thomas va être incroyablement subjugué par les multiples interprétations proposées par la comédienne sortie de nulle part. L’envoûtante Vanda sèmera un sérieux doute entre le rôle de la pièce et sa véritable personnalité. »

Au jeu de la domination, lequel des deux gagnera ?
Eh bien pour le savoir, prenez vos places !

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