« La nuit sera belle » de Lucie Desaubliaux…

Note de l’éditeur :

Trois amis – Arek, Ivan, Todd C. Douglas – se préparent à veiller toute la nuit dans l’attente de l’aube qui les verra enfin partir pour l’expédition qu’ils concoctent de longue date… sans toutefois en avoir arrêté la destination. Car il s’agit d’abord de se donner du coeur à l’ouvrage, à grand renfort de thé, bière, vin et whisky – dans l’ordre et sans modération.
Au sein de leur trinité qui a érigé la procrastination en sagesse et en art de vivre, Arek cherche quoi faire, Ivan veut faire mais n’y arrive pas et Todd C. Douglas se complaît dans le non-faire. À eux trois, tandis que l’ivresse gagne et qu’ils essaient de soustraire leur existence à toute justification au bénéfice du désirable interstice au sein duquel les choses n’ont plus besoin d’exister mais seulement d’être possibles, ils explorent victorieusement l’oisiveté sous toutes ses formes.
Ne fait-on rien quand on ne produit rien ? Et qu’est-ce, au juste, que “faire” ? Comment agir sans produire ou chercher sans accomplir ? Ne peut-on vivre sans que le travail devienne la vie ? Comment dissocier l’idée d’oisiveté de celle de paresse ? Et qu’est-ce, au juste, que l’oisiveté ? Ne pas travailler ? Ne rien faire ? Pratiquer des activités qui ne sont pas le travail ? Une recherche sans certitude de trouver, est-ce un travail ?
À ces questions que se posent des personnages qui font beaucoup plus que ce qu’ils croient et beaucoup moins que ce qu’ils disent, La nuit sera belle imagine des réponses aussi profondes que jubilatoires.

Un huis clos philosophique, imaginatif et méditatif sur l’oisiveté, la procrastination, la finalité d’actions que l’on peut entreprendre avant une expédition programmée.
La construction est théâtrale et le rythme très réussi grâce à des dialogues aux petits oignons.
C’est fantaisiste et poétique à souhait.
Un premier roman original qui fait réfléchir…
Je recommande vivement !
 
Editions Actes Sud
Livre lu dans le cadre de l’opération « Coup de coeur des lectrices » de Version Femina. Merci à toute l’équipe !

« La nuit, je mens » de Cathy Galliègue…

Celui-ci aussi j’aurais dû vous en parler depuis un moment.
Cathy aussi me pardonnera pour mon retard…

Note de l’éditeur :

Mathilde pensait avoir rencontré l’homme de sa vie, Gaspard, un homme savoureux, presque parfait. Mais son premier amour, Guillaume, réapparaît la nuit, en songe… Il était parti si loin, depuis si longtemps, et Mathilde n’a jamais pu se résigner à son absence.
Au cœur de cet étrange ménage à trois qui s’installe, entre rêve et réalité, Mathilde se cherche : où est sa vie ? Dans le regret d’un amour défunt ou dans le présent qui lui tend les bras ?

Ne pensez pas lire un feel good ou un chick lit.
Nous en sommes très très loin !

Des lignes infusées aux « frontières de la folie » , aux souvenirs, à la culpabilité, à la famille, à la jumellité, à la vie de couple, aux désirs, à la mort, à l’Amour, à l’essence même de l’écriture.
C’est bien de tout cela dont il s’agit.

On glisse par dissociation avec l’auteur dans les méandres de l’absence, des autres et de soi-même.
La construction du roman est très intéressante en la matière.

Dès les premières lignes, j’ai pensé à cette citation d’Amédéo Modigliani qui a pris tout son sens : « D’un oeil, observer le monde extérieur; de l’autre, regarder au fond de soi-même ».

Il y a quelque chose de particulier dans ce premier roman. Quelque chose d’irrésistible et de surprenant.
C’est comme s’envoyer en l’air, mais pas avec n’importe qui !
C’est une écriture à l’os. Cathy Galliègue n’est pas lente entre les virgules (je savais que je réutiliserais la formule un jour. Voilà qui est chose faite. Clin d’oeil spécial à mon amie Barbara). Elle suce la moelle des mots, pour les poser, les jeter là où il faut. Jamais par hasard.

Plongez vous vite dans ce livre si ce n’est pas déjà fait.
Vous serez ailleurs, assurément.
Il est impossible d’y résister.

« La nuit, je mens » est paru le 3 avril dernier.
Il mérite VRAIMENT de vivre en dehors des traditionnelles rentrées littéraires.

Cathy vit actuellement en Guyane.
A Paris il est 13h30. A Cayenne il est 8h30.
Petit billet surprise du matin, pour une GRANDE ROMANCIERE qui est née et qu’il faut suivre…

Belle lecture à tous !

Editions Albin Michel

« Coeur-Naufrage » de Delphine Bertholon…

Note de l’éditeur :

« Certains jours, je m’attends des heures et ne me rejoins jamais. »
À bientôt trente-quatre ans, Lyla est tenaillée par le sentiment de passer à côté de l’existence. Elle enchaîne les fiascos amoureux, accumule les névroses et attend, sans trop savoir quoi. Jusqu’au jour où un étrange message la ramène dix-sept ans en arrière. Cet été-là, sur la côte basque, tout allait basculer…

Ce livre là, j’aurais dû vous en parler depuis un moment.
Delphine pardonnera mon retard (parce qu’il est justifié).
En même temps, je me dis qu’une blogueuse un peu à la bourre continue de faire vivre le livre aimé au moins…
Et puis si je m’en souviens parfaitement plusieurs mois après sa lecture, c’est plutôt TRES bon signe non ?

Tout d’abord je tiens à saluer la progression de l’écriture de l’auteur.
Les lignes sont d’une justesse et d’une élégance folles !
De tous les Bertholon que j’ai lus, j’avoue que celui-ci sort assurément du lot en la matière.

Dans ce nouveau roman à double temporalité, Delphine donne voix à une mère à la féminité blessée qui a accouché sous X.
Mais également au père.
Et cela ma foi, même si je n’ai pas consulté tous les ouvrages traitant de ce sujet, ce n’est pas si fréquent. J’applaudis donc le parti pris.

Entre le passé et le présent, Lyla (« avec un y ») et Joris se parlent comme jamais.
Leurs mots font écho à leurs maux sur l’autel des non-dits, des choix à assumer loin de l’insouciance de leur jeunesse sur fond de références musicales et cinématographiques si chères à l’écrivain.

Un sujet douloureux traité de manière finalement positive fait de ce roman  un livre à lire.
Parce qu’il est émouvant sans être larmoyant.
Parce qu’il est beau, tout simplement.

Editions JC Lattès

« Haute voltige » d’Ingrid Astier…

Note de l’éditeur :

Combien d’apocalypses peut-on porter en soi?
Aux abords de Paris, le convoi d’un riche Saoudien file dans la nuit. Survient une attaque sans précédent, digne des plus belles équipes. «Du grand albatros» pour le commandant Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme, stupéfaits par l’envergure de l’affaire. De quoi les détourner un temps de leur obsession du Gecko – une légende vivante qui se promène sur les toits de Paris, l’or aux doigts, comme si c’était chez lui, du dôme de l’Institut de France à l’église Saint-Eustache…
Derrière l’attaque sanglante, quel cerveau se cache? Le butin le plus précieux du convoi n’est pourtant ni l’argent ni les diamants. Mais une femme, Ylana, aussi belle qu’égarée. Ranko est un solitaire endurci, à l’incroyable volonté. Mais aussi un homme à vif, atteint par l’histoire de l’ex-Yougoslavie. L’attaque du convoi les réunit. Le destin de Ranko vient irrémédiablement de tourner. Son oncle, Astrakan, scelle ce destin en lui offrant un jeu d’échecs. Le jeu de Svetozar Gligoric, le grand maître qui taillait ses pièces dans des bouchons de vin. Et lui demande de se battre – à la boxe et aux échecs, pour infiltrer le monde de l’art et dérober ses plus belles œuvres à Enki Bilal, le célèbre artiste. La guerre et l’amour planent comme des vautours.
De la police, d’une femme ou du destin, qui est capable de faire chuter Ranko?

Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler l’intrigue.
Je suis l@ pour essayer de vous donner envie de découvrir cet écrivain si vous ne la connaissez pas.

Ingrid Astier n’en est pas à son premier roman noir.
Elle a su trouver une place particulière dans ce monde en laissant des empreintes marquées avec sa manière de marier les Lettres, l’Art, la Nature, la Poésie, l’Aventure et cette fièvre du détail dans sa façon d’écrire.

J’ai rarement été confrontée à des personnages aussi bien brossés; à des lignes, des mots à ce point aux p’tits oignons.
Rien n’est là par hasard.
C’est le fruit d’un travail, d’un vécu en amont de la plume hors norme.

Et quand au fil d’une rencontre littéraire organisée par Lecteurs aux derniers Quais du Polar on apprend de sa bouche qu’elle a passé du temps avec différents services de la Police, avec des Serbes et qu’elle nous a avoué, confié bien d’autres choses sous le sceau du secret, on se rend compte qu’écrire pour elle n’est pas un vain mot.
Elle est capable de se confronter à tout, de supporter tout pour atteindre cette justesse (réaliste) incroyable, cette sensibilité extraordinaire.

Et on se laisse emporter au fil des pages, irrésistiblement.

Ingrid est une femme à multifacettes digne d’un roman.
Elle me fait penser à un chat, qui aurait avalé un aigle…
Vous voulez comprendre ce que j’entends par là ? Lisez-là.

Belle lecture à tous !

Editions Gallimard série noire

l’éléphant

Ce magazine, je l’ai découvert début avril.
Mieux vaut tard que jamais…

Je viens d’en achever sa lecture ce jour.

Ses plus ?
Pas de publicité (bonheur), des articles de fond et de qualité, des sujets variés traités. Bref, une excellente revue de culture générale !

Ses moins ?
Je n’ai pas été intéressée par toutes les catégories en question. Le contenu est dense et donc difficile à concilier avec une vie de tous les jours, d’autres lectures et passions. Les quizz (pour tester notre attention à ce que nous venons de lire) ne me semblent pas nécessaires.

Un mensuel que je prendrai sans doute plaisir à lire de temps en temps mais un abonnement me paraît non nécessaire pour les raisons invoquées plus haut.

Belle lecture à tous !

l’éléphant
15 € par mois