« Dîner avec Edward » d’Isabel Vincent…

C’est l’histoire d’une amitié gourmande et sincère qui se noue entre une quadra et un octo, qui ne manque ni de sympathie ni de poésie bienveillante.

Un feel good plutôt intelligent, attachant.
Un véritable page turner, comme les anglos-saxons savent si bien faire incontestablement.

C’est une lecture qui fait assurément du bien !
Sans prise de tête, ni prétention.

Pour ceux qui connaissent bien Big Apple, vous sourierez à certaines évocations.
Et si vous n’avez pas d’idées pour un repas, Edward vous aidera !

On y croise également avec délice Julia Child, Nelly Bly et d’autres…

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Presses de la Cité) :

« Afin d’apaiser une amie installée loin de New York et de son père nonagénaire, Isabel accepte d’aller dîner avec Edward, dévasté par la récente disparition de son épouse. Journaliste, la  quarantaine, Isabel aussi traverse une crise : à peine débarquée dans la grosse pomme, elle assiste impuissante au naufrage de son mariage. Mais ce qu’elle ignore, c’est qu’Edward possède d’époustouflants talents de cuisinier, alliés à un sens de l’humour sans faille et à une solide philosophie de l’existence. Pour son hôte, le vieil homme repasse derrière les fourneaux. Et l’invitation ponctuelle devient un rendez-vous régulier, l’occasion pour les deux âmes en peine de reprendre goût à la vie, et foi dans les bienfaits d’un verre de martini !
Jalonné de préceptes de savoir-vivre, un petit précis d’optimisme et de gourmandise, un magnifique texte sur le pouvoir de la résilience, l’importance de la lenteur et la force de l’amitié. »

Livre lu dans le cadre du Jury du Grand Prix des Lectrices ELLE 2018 dont je fais partie !

NDLR : je n’ai pas compris qu’il ait été classé par ELLE dans la catégorie « document » et non « roman »…

Parution demain (5 avril).

« Portraits et impressions de voyage » de Truman Capote…

De Truman Capote j’avais déjà lu « De sang-froid » (je ne tenais pas encore de blog à cette époque) paru en 1965. Roman de non-fiction (on parle désormais de « true crime ») qui avait eu pour origine un sinistre fait divers (deux jeunes truands avaient tué sans mobile apparent quatre membres de la famille  d’un fermier à Holcomb au Texas), ce dernier fit de lui un écrivain  légendaire devenu tellement mondain qu’il marqua aussi sa déchéance.
Est passé également entre mes mains « Breakfast at Tiffany’s » of course qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable je dois avouer…

Le Reading Classics Challenge du mois de mars m’a fait choisir ce recueil, beaucoup moins connu.

La première partie dresse les portraits de différentes célébrités (peintres, acteurs, photographes et autres…).
La deuxième, trop courte (je suis restée sur ma faim), sont des impressions de voyage que l’écrivain a effectué entre Brindisi et les îles yougoslaves.

Si sur le fond on peut trouver à redire, la forme est servie par une excellente traduction de Nicole Tisserand qui met en lumière une plume humoristiquecynique à souhait et trucculente !

Note de l’éditeur (Gallimard) :

« Outre ses impressions d’un voyage effectué en 1966 entre Brindisi et les îles yougoslaves, avec une escale dans la ville de Dubrovnik et une ironique divagation sur les femmes, ce sont ici des portraits de célébrités que nous livre Truman Capote. Ainsi John Huston, Charlie Chaplin, Pablo Picasso, notamment, sont-ils brièvement campés par sa plume brillante, parfois caustique, mais toujours comique. À Elizabeth Taylor et Tennessee Williams, cependant, Truman Capote réserve presque un court récit, qui est l’histoire de ses rencontres avec chacun d’eux, échelonnées sur plusieurs années de sa vie – près de vingt ans pour l’actrice américaine qui se présente ici sous un jour inattendu, près de cinquante ans pour l’auteur dramatique qu’il connaît depuis l’âge de seize ans. La verve, la drôlerie, le disputent alors à l’attendrissement et à l’amitié. »

« En camping-car » d’Ivan Jablonka…

A un moment, il y a bien des années, j’en rêvais.
Souhait sans aucun doute conditionné par celui qu’avait ma Barbie…

Journal de souvenirs en camping-car, modèle de toute une époque et génération, ces instantanés de voyages des plus personnels ont été d’un ennui mortel me concernant.
Si je n’avais pas pris mon rôle de jurée à coeur j’avoue que le livre me serait tombé des mains !

Un bla-bla qui n’apporte vraiment franchement pas grand chose (ni à la littérature, ni aux lecteurs), une judaïcité mise en avant de manière gênante (pour quoi exactement ?)…

Au final un road book à la recherche de la liberté, du bonheur à caractère pseudo-social malheureusement totalement inutile, suffisant qui plus est et d’une superficialité affligeante.
En tout cas à mes yeux.

Tous les goûts étant dans la nature, je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé le cas échéant…

Note de l’éditeur (Seuil) :

Le camping-car nous a emmenés au Portugal, en Grèce, au Maroc, à Tolède, à Venise. Il était pratique, génialement conçu. Il m’a appris à être libre, tout en restant fidèle aux chemins de l’exil. Par la suite, j’ai toujours gardé une tendresse pour les voyages de mon enfance, pour cette vie bringuebalante et émerveillée, sans horaires ni impératifs. La vie en camping-car.

Livre lu dans le cadre du Jury du Grand Prix des Lectrices ELLE 2018 dont je fais partie !

“Les bouées jaunes” de Serge Toubiana…

“Ecrire pour être à ses côtés
et prolonger le bonheur d’avoir vécu auprès d’elle.
Ecrire pour combler le vide, l’absence.
Pour raconter le film de sa vie.
Et faire en sorte qu’il ne soit jamais interrompu.”

Cet homme m’avait émue jusqu’aux larmes lors de la présentation de “L’hiver Littéraire des Editions Stock”  le 23 janvier dernier.
Il me tardait de me plonger dans ses lignes.

Se souvenir…
Se raccrocher à ce que l’on peut…
La voir ainsi revenir…
La sentir vivante….
Ce besoin viscéral, encore et pour toujours.

Comment vivre l’absence ?
Comment vivre sans son grand Amour ?

Elle c’est Emmanuèle Bernheim, romancière, essayiste et scénariste.
Lui c’est Serge Toubiana, journaliste et critique de cinéma.

Le Cinéma donc.
L’Art aussi.
Et la Littérature, qui les réunit désormais à jamais.

Le portrait d’une femme remarquable se dégage, à tous points de vue.
Une femme que l’on aurait aimé connaître et que l’on a envie de découvrir par les écrits qu’elle a laissés.

Un livre d’une élégance folle. A la fois digne, émouvant et bouleversant.
Le livre d’un homme qui a aimé une femme. Eperdument.

Et une transmission précieuse : “Profiter de tout, jusqu’au dernier instant.”

Très belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Stock) :

“Durant les derniers mois de sa vie, un thème motivait secrètement Emmanuèle, dont elle me parlait à peine. C’était trop intime, difficilement formulable, même entre nous. Un jour, elle me dit qu’elle désirait écrire sur le bonheur. J’ignore ce qu’aurait été ce livre et je donnerai cher pour le savoir. Cette question du bonheur la hantait, elle la plaçait au coeur de tout. Le simple fait de poser la question prouvait sa force de caractère et son incroyable sérénité. J’en étais bouleversé. “Et toi, tu vas tenir ?” Un homme écrit sur la femme qu’il a aimée et perdue. Emmanuèle Bernheim était un grand écrivain. Serge Toubiana raconte leurs vingt-huit ans de vie commune, dans un texte où la sobriété le dispute à l’émotion.”

« Les passeurs de livres de Daraya » de Delphine Minoui…

Note de l’éditeur :

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Ou comment voir la guerre, la Syrie autrement…

« comment rendre visible l’invisible »

Grâce à Skype, WhatsApp et à des mails la grand reporter du Figaro communique depuis Istanbul avec des activistes insoumis de Daraya, ville située à 7 Km de Damas et en proie à  la furie meurtrière du régime de Bachar el-Assad.
Elle sera détruite à plus de 90%.

« Le roman a cet avantage que les récits n’ont pas : il s’aventure sur les chemins de l’imagination, en contournant l’autoroute du réel »

Ce document est un témoignage poignant d’une guerre in situ, un véritable hymne à la Liberté.
La résistance par la Culture. La Littérature contre les bombes.
Le symbole d’une lutte qui j’espère finira par cesser un jour…

« pour ne pas sombrer, chacun s’invente des mécanismes de survie »

C’est une lecture terriblement fascinante que nous propose ici Delphine Minoui.
Aussi dure qu’optimiste, qui prend aux tripes.

« Ecrire, c’est recoller des bouts de vérité pour faire entendre l’absurdité »

Les lignes vous hanteront une fois le livre refermé.
Il fait indéniablement partie des ouvrages qui marquent et resteront dans les mémoires.

Editions Seuil

NDLR. J’ai lu ce livre avant de savoir qu’il serait sélectionné dans le cadre du Grand Prix des Lectrices ELLE 2018 dont je fais partie !