“Et soudain, la liberté” d’Evelyne Pisier & Caroline Laurent…

De courts chapitres.
Des va-et-vient entre la fiction et la réalité.

Le portrait d’une femme assez fascinante.
En filigrane des thèmes aussi variés qu’intéressants : le Vietnam, la Nouvelle-Calédonie, la France, l’avortement, l’indépendance des femmes

J’ai aimé les questions posées sur l’écriture, l’édition face à l’après.
Ecrire oui, mais comment ?
Editer : ai-je vraiment le droit ?
La mort empêche-t-elle de faire paraître un livre ?

Sans avoir fait “waouh”, c’est vraiment un joli livre qui a assurément toute sa place et toutes ses chances pour remporter le Grand Prix des Lectrices ELLE 2018.
Il a d’ailleurs déjà été récompensé (Prix Marguerite Duras 2017).

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Les Escales) :

“Une incroyable traversée du XXe siècle : l’histoire romancée d’Evelyne Pisier et de sa mère, deux femmes puissantes en quête de liberté.
Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu’au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est la naissance d’une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l’avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s’ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n’a qu’un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu’elle y fera la rencontre d’un certain Fidel Castro…
Et soudain, la liberté, c’est aussi l’histoire d’un roman qui s’écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d’une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent – un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s’arrêter en février 2017, au décès d’Evelyne. Rien ne s’arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.”

Livre lu dans le cadre du Jury du Grand Prix des Lectrices ELLE 2018 dont je fais partie !

“L’homme qui s’envola” d’Antoine Bello…

Faire le choix de la liberté alors que l’on a tout aux yeux de la société…

Jusque là le sujet n’a rien de nouveau, mais Antoine Bello insuffle un vent nouveau grâce à sa plume en campant de très beaux personnages aux destins irrésistibles par le biais d’une construction léchée des plus savoureuses en trois parties que je ne vous dévoilerai pas (mon credo a toujours été de faire court pour ne rien spoiler !).
Faites-moi confiance et lisez-le donc !

Au fur et à mesure des pages les psychologies s’esquissent autant qu’elles s’étoffent et on se prend au jeu du (des) chat(s) et de la (des) souris qui rend le tout trucculent à souhait.
En filigrane, une réflexion de choix sur le bonheur, la réussite, la liberté

Belle lecture à tous !

Ce livre a été récompensé par le Prix Version Femina 2017 (auquel j’ai eu le plaisir d’assister ) et a fait l’objet d’une lecture commune avec mon amie Nathalie du blog Eirenamg (« Liberté chérie, l’homme qui s’envola d’Antoine Bello » ).

Note de l’éditeur (Gallimard) :

“Walker a tout pour être heureux. Il dirige une florissante entreprise au Nouveau-Mexique et sa femme, la riche et belle Sarah, lui a donné trois magnifiques enfants. Et pourtant, il ne supporte plus sa vie. Entre sa famille, son entreprise et les contraintes de toutes sortes, son temps lui échappe. Une seule solution : la fuite. Walker va mettre en scène sa mort de façon à ne pas peiner inutilement les siens.
Malheureusement pour lui, Nick Shepherd, redoutable détective spécialisé dans les disparitions, s’empare de son affaire et se forge la conviction que Walker est encore vivant. S’engage entre les deux hommes une fascinante course-poursuite sur le territoire des États-Unis. En jeu : la liberté, une certaine conception de l’honneur et l’amour de Sarah.
L’homme qui s’envola, balayé par le grand souffle de l’aventure, est aussi un récit pénétrant sur la fragilité des réussites humaines.”

Encore un GRAND MERCI à C.R qui se reconnaîtra…

“Les amants polyglottes” de Lina Wolff…

Je considère ce livre comme une espèce d’ovni olni qui risque de ne pas plaire à tout le monde.
Personnellement son originalité m’a sacrément titillée !

L’humour est corrosif et la lecture parfois inconfortable.
Mais la littérature sert aussi à cela : nous sortir de notre fameuse zone de confort.

Trois personnages principaux…
Va se tisser entre eux une relation aussi bizarre que nécessaire pour chacun étrangement…

Nous sommes Ellinor : tout aussi dégoûtée que fascinée.
Elle fait de nous des voyeurs parce que nous voulons savoir, comprendre, étudier, analyser le lien étrange qui se construit au fur et à mesure entre eux.
Le lecteur est avalé dans l’étrange spirale qu’est leur relation si particulière.

Des lignes qui m’ont fait penser dans le style à Amélie Nothomb et où l’on croise Michel Houellebecq.

Je n’en dis pas plus.
Vous me faites confiance ?

Lina Wolff est une romancière et traductrice suédoise.
Elle a remporté le Prix August en 2016 pour ce roman qui est son second.

Note de l’éditeur (Gallimard) :

“Ellinor, la trentaine bien entamée, sait charger un fusil et se battre au corps-à-corps. Autant dire que les hommes ne lui font pas peur. Pourtant, elle aimerait trouver l’amour. C’est sur un site de rencontres qu’elle fait la connaissance de Calisto, critique littéraire obèse et imprévisible. Il lui révèle avoir en sa possession un manuscrit – inédit, exceptionnel et rédigé par son auteur favori.
Max, écrivain en panne, cherche lui aussi l’âme sœur, en même temps que l’inspiration. Selon ses critères, la femme idéale est polyglotte, comme lui, et dotée d’une forte poitrine, mais elle ne court pas les rues. Une réceptionniste rencontrée lors de ses errances littéraires le met sur la voie : il va écrire Les amants polyglottes, l’histoire familiale de Lucrezia, une aristocrate romaine ruinée.
Le manuscrit, qui n’est autre que celui détenu par Calisto, va lier étroitement tous les personnages et leur faire subir les affres d’une fatalité semblant les observer en riant.”

Un GRAND MERCI à C.D qui se reconnaîtra…

“Les tribulations d’un chinois en Chine” de Jules Verne…

Jules Verne, j’en garde un souvenir particulièrement ému.
Il fait écho à mon enfance parce qu’il a éveillé mon imaginaire comme personne et que j’ai enfin compris à plus de quarante ans  pourquoi j’adorais Harry Potter, Le Seigneur des anneaux, Star Wars… les films de Tim Burton et de Wes Anderson… mais également l’Art !

Me replonger dans son univers et dans un des ses romans que je n’avais pas lu à l’époque m’a tout simplement ravie.
Sans parler des illustrations qui sont magnifiques !

Pour ceux qui me connaissent, mon choix final qui s’est porté sur “Les tribulations d’un chinois en Chine” dans le cadre du Reading Classics Challenge 2018 n’étonnera pas.
L’Asie, encore et toujours !

Une fois de plus la magie de cet écrivain hors norme a opéré comme il se doit.
Il m’a complètement embarquée, baladée dans son histoire incroyable.

Seule différence notable : mon expérience de lectrice m’a permis d’apprécier encore plus son écriture que j’ai trouvée fabuleuse.
C’était un conteur né, de ceux que l’on n’oublie jamais…

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Le Livre de Poche) :

“Le richissime Chinois Kin-Fo vient de se trouver soudainement ruiné. La vie, qui lui paraissait jusqu’alors insipide, lui devient insupportable. Il contracte une assurance-vie de 200 000 dollars en faveur de sa fiancée, Lé-ou, et du philosophe Wang, son mentor et ami, à qui il demande de le tuer dans un délai de deux mois, tout en lui remettant une lettre qui l’innocentera de ce meurtre.
Avant le délai imparti, Kin-Fo recouvre sa fortune, doublée. Il n’est plus question pour lui de renoncer à la vie. Mais Wang a disparu avec la lettre et il n’est pas homme à rompre une promesse ! Voilà donc Kin-Fo condamné à mort, par ses propres soins !
Une seule ressource : retrouver Wang. Et Kin-Fo de se lancer dans le plus haletant des périples au pays du Céleste Empire.
Récit alerte à l’intrigue parfaitement menée, Les Tribulations d’un Chinois en Chine est un des joyaux des « Voyages extraordinaires » du grand Jules Verne.”

Illustrations de l’édition originale Hetzel.

« La désertion » d’Emmanuelle Lambert…

Ce roman, j’aurais aimé l’aimer.

Lorsque Valentine Layet de chez Stock en a parlé sur Instagram avant sa parution, je me disais que ce livre (voyageur : fabuleux concept au passage qui m’a fait découvrir le blog Books, moods and more et Sonia que je vais rencontrer en vrai demain -trop contente je suis !-) était écrit « pour moi » : un mystère instauré par un titre prometteur , le sujet (une disparition)…

Si j’ai trouvé l’écriture intéressante à plusieurs titres, l’histoire en elle-même m’a hélas laissée complètement sur le côté.
J’avoue m’être quelque peu perdue dans les témoignages et l’espace spacio-temporel…

Même si ce n’est pas du tout mon genre dans l’absolu je retentirai certainement sa lecture.
Parce qu’un livre qui dérange autant ne peut pas laisser indifférent !

Note de l’éditeur (Stock) :

« Le premier jour d’absence il était descendu à l’heure du déjeuner pour l’attendre dans le parc, caché derrière l’arbre d’où il observait la sortie de ses subordonnés. Il avait ensuite vérifié les registres de la badgeuse. Aucune trace d’elle. » Un jour, Eva Silber disparaît volontairement. Pourquoi a-telle abandonné son métier, ses amis, son compagnon, sans aucune explication ? Tandis que, tour à tour, ses proches se souviennent, le fait divers glisse vers un récit inquiétant, un roman-enquête imprévisible à la recherche de la disparue.