« Accordez-moi cette valse » de Zelda Fitzgerald…

Se plonger dans Zelda Fitzgerald c’est forcément s’immerger dans un couple incroyable qui a été l’emblème des Années Folles et de l’âge du Jazz aux Etats-Unis.
Lui, alcoolique, est mort d’une crise cardiaque en 1940. Il avait 44 ans.
Elle, diagnostiquée schizophrène, mourra dans l’incendie de l’hôpital psychiatrique de Asheville en 1948. Elle avait 47 ans.

A la lumière de ce rappel biograhique, le titre de son premier roman écrit en 1932 en seulement six semaines lors d’un traitement à l’hôpital Johns Hopkins met en lumière paradoxalement toute sa lucidité créatrice.
Juste pour information, elle n’achèvera jamais son deuxième roman suite à sa fin tragique mais laissera tout de même à la postérité des nouvelles écrites avec son mari F. Scott. 

De Zelda je connaissais que quelques bribes de sa vie et surtout le fait que c’était l’égérie de son mari.
En réanalysant quelque peu les éléments qui les ont faits grâce au Reading Classics Challenge, cela les rend plus vivants que jamais, assez fascinants même et surtout intrigants.
Zelda en particulier.
Je me suis donc naturellement tournée vers ce livre même si en vrai le choix était limité comme expliqué plus haut…

« Accordez-moi cette valse » est un récit en partie auto-biograghique même si Zelda a pris soin de modifier les noms.

Reflet de toute une époque révolue, la traduction de Jacqueline Rémillet met en lumière une plume plutôt agréable à lire.

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Pavillons Poche Robert Laffont) :

« Accordez-moi cette valse est un roman autobiographique dans lequel Zelda Fitzgerald a transposé sa vision toute personnelle de son mariage avec Scott Fitzgerald. Elle y apparaît elle-même sous le nom, à peine voilé, d’Alabama Beggs, incarnation de ces belles du Sud dont elle était une parfaite représentante. Son mari y figure, lui, sous le nom de David Knight. Écrit en «six furieuses semaines», le manuscrit fut accepté d’emblée par Maxwell Perkins, le propre éditeur et ami de Scott Fitzgerald chez Scriber’s. S’il fut boudé par la critique à sa parution, le livre a été réhabilité lors de sa réédition au début des années 1950. Ce portrait d’un homme doué qui s’autodétruit, enfin apprécié à sa juste valeur, est désormais considéré comme une oeuvre «puissante et mémorable» (le Times Literary Supplement) dont les personnages et leurs actions – tragiques – contrastent magnifiquement avec le cadre de cette Côte d’Azur ensoleillée où ils évoluent.
Au-delà de cette peinture d’une époque et de ses personnages, Accordez-moi cette valse est aussi, et peut-être avant tout, un grand roman d’amour. »

« C’est la quantité qui fait que c’est beau.
L’immensité est la plus belle des choses. »

« Je suis heureuse de constater que je me suffis parfaitement à moi-même. »

« Choisir est l’honneur qui fait toute la souffrance de la vie. »

« My absolute darling » de Gabriel Tallent…

Se plonger dans un coup de coeur de François Busnel cautionné par Stephen King, le Harper’s Bazaar et The New York Times, ça fiche un chouille la trouille.
Sans vouloir se prendre pour Paul Auster, ET SI jamais je n’aimais pas ?

Il ne nous appartient pas, à nous lecteurs me semble-t-il, de juger le comportement de Martin et de Turtle.
Ce sont des personnages de fiction.
L’écrivain nous conte une histoire sans lui-même jamais prendre partie.
Il nous dresse le portrait d’une Amérique « profonde » et relate l’histoire de personnes “normales” qui commettent des choses complètement dingues.

De fait, on peut apprécier les « characters » comme diraient les anglo-saxons  malgré ce qu’il se passe parce que superbement travaillés.
La force de la plume de Gabriel Tallent est en effet impressionnante pour un premier roman.

Son écriture est une photographie, une peinture qui dissèque, dans les moindres détails.
Les descriptions sont très cinématographiques.

Roman sur la renonciation, la liberté par-dessus tout, c’est une véritable tempête dans le milieu littéraire, un coup de poing époustouflant qui ne peut pas laisser indifférent.

L’atmosphère est lourde et parfaitement rendue.
J’ai dû parfois arrêter ma lecture pour cause de mal être parce que très réaliste.

Nous ne sommes pas prêts d’oublier Turtle (ni Martin d’ailleurs), élevée à la dure, survivante de tout même du plus horrible.
Ou le combat d’une jeune femme pour exister comme elle l’entend

La douleur, l’indépendance, la liberté, la féminité, l’inceste, la société, les armes, la nature sauvage (en dehors du contrôle des hommes), la violence, l’ambivalence humaine
Voici ce à quoi nous sommes confrontés.

Roman psychologique, initiatique, noir, très « américain » dont je refuse de vous déflorer quoi que ce soit, c’est un livre troublant, bouleversant, aussi dérangeant qu’addictif. Un livre INCROYABLE, d’une maturité folle !

30 ans.
8 ans d’écriture.
Retenez bien ce nom.

Alors oui François Busnel, vous avez eu raison de le mettre à ce point en avant.

LISEZ-LE !
Vous comprendrez ainsi pourquoi on met parfois une majuscule à ce beau mot qu’est Littérature (fonctionne aussi en anglais).

Note de l’éditeur (Gallmeister) :

« À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie. »

A noter la bonne traduction de Laura Derajinski.

Le livre a paru en 2017 aux Etats-Unis.

Merci aux Editions Gallmeister (que j’ai découvertes par ce biais) d’avoir gardé le titre original. Ce n’est pas si fréquent et j’en redemande !

« Dans les angles morts » d’Elizabeth Brundage…

Des personnages fouillés, une histoire intrigante, passionnante et une superbe plume (il est effectivement à noter l’excellente traduction de Cécile Arnaud !) sur fond de critique sociale américaine.

Dans cette histoire à la multiplicité des contours, le passé vient flirter avec le présent avec brio et l’intensité augmente de pages en pages jusqu’au dénouement final.

Une réussite totale donc qui fait de ce livre un excellent roman digne d’un prix.
Enfin moi je dis ça… je dis rien…

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Quai Voltaire) :

En rentrant chez lui un soir de tempête de neige, George Clare trouve sa femme assassinée, et leur fille de trois ans seule dans sa chambre – depuis combien de temps?
Huit mois plus tôt, engagé à l’université de Chosen, il avait acheté pour une bouchée de pain une ancienne ferme laitière, et emménagé avec sa famille dans cette petite ville étriquée et appauvrie, en passe d’être repeuplée par de riches New-Yorkais. Ce qu’il a omis de dire à sa femme, c’est que les anciens propriétaires, acculés par les dettes, s y étaient suicidés, en laissant trois orphelins, Eddy, Wade et Cole. Dans les angles morts est aussi l’histoire des frères Hale, et celle de la maison de leur enfance. Pour le shérif Travis Lawton, George est le premier suspect. Mais les secrets sont tenaces dans cette enquête où la culpabilité règne en maître.

Livre lu dans le cadre du Jury du Grand Prix des Lectrices ELLE 2018 dont je fais partie !

“Les amants polyglottes” de Lina Wolff…

Je considère ce livre comme une espèce d’ovni olni qui risque de ne pas plaire à tout le monde.
Personnellement son originalité m’a sacrément titillée !

L’humour est corrosif et la lecture parfois inconfortable.
Mais la littérature sert aussi à cela : nous sortir de notre fameuse zone de confort.

Trois personnages principaux…
Va se tisser entre eux une relation aussi bizarre que nécessaire pour chacun étrangement…

Nous sommes Ellinor : tout aussi dégoûtée que fascinée.
Elle fait de nous des voyeurs parce que nous voulons savoir, comprendre, étudier, analyser le lien étrange qui se construit au fur et à mesure entre eux.
Le lecteur est avalé dans l’étrange spirale qu’est leur relation si particulière.

Des lignes qui m’ont fait penser dans le style à Amélie Nothomb et où l’on croise Michel Houellebecq.

Je n’en dis pas plus.
Vous me faites confiance ?

Lina Wolff est une romancière et traductrice suédoise.
Elle a remporté le Prix August en 2016 pour ce roman qui est son second.

Note de l’éditeur (Gallimard) :

“Ellinor, la trentaine bien entamée, sait charger un fusil et se battre au corps-à-corps. Autant dire que les hommes ne lui font pas peur. Pourtant, elle aimerait trouver l’amour. C’est sur un site de rencontres qu’elle fait la connaissance de Calisto, critique littéraire obèse et imprévisible. Il lui révèle avoir en sa possession un manuscrit – inédit, exceptionnel et rédigé par son auteur favori.
Max, écrivain en panne, cherche lui aussi l’âme sœur, en même temps que l’inspiration. Selon ses critères, la femme idéale est polyglotte, comme lui, et dotée d’une forte poitrine, mais elle ne court pas les rues. Une réceptionniste rencontrée lors de ses errances littéraires le met sur la voie : il va écrire Les amants polyglottes, l’histoire familiale de Lucrezia, une aristocrate romaine ruinée.
Le manuscrit, qui n’est autre que celui détenu par Calisto, va lier étroitement tous les personnages et leur faire subir les affres d’une fatalité semblant les observer en riant.”

Un GRAND MERCI à C.D qui se reconnaîtra…

« 4 3 2 1 » de Paul Auster…

Alors alors, que vaut le dernier Paul Auster ?

Tout d’abord, il faut que vous sachiez deux choses importantes sur « 4 3 2 1 » :
– il pèse 1,259 kg ! Oui, oui, vous avez bien lu… Au début je l’ai promené avec moi dans les transports mais franchement là, et ce n’est pas dans mes habitudes, je vous recommande de le prendre en ebook sur liseuse parce qu’il est lourd et ce même pour chez soi sur le canapé.
– il comporte 1 016 pages ! Oui, oui, vous avez bien lu aussi… Pour ceux qui aiment se plonger dans plusieurs ouvrages à la fois ou qui pensent s’arrêter pour faire autre chose, je vous le déconseille. Ce qui fait l’essence même de ce roman fait qu’il vaut mieux se l’enfiler d’une traite au risque de ne plus savoir qui on est ni où on crèche ! Alors préparez vos yeux et votre tête en conséquence. Perso, cela m’a pris le week-end mais j’étais motivée par la rencontre de samedi.
Et puis la nouvelle sélection des livres du Grand Prix des Lectrices ELLE 2018 va me parvenir donc, je n’avais pas trop le choix pour ne pas prendre de retard…

Et donc et donc…….. sinon ?

Cela faisait sept ans que l’écrivain n’avait rien proposé à ses lecteurs.
Avec ce quinzième roman, nul doute qu’il fait un retour remarqué !

Que serait devenue votre vie si … ?

Voici la question que pose ce livre.

L’écrivain nous propose quatre versions de la vie d’Archibald, ponctuées toutefois de quelques éléments persistants (Amy, l’écriture…).

1.0
1.1
1.2
1.3
1.4

Ou comment une circonstance, complètement anodine, peut bouleverser une existence…

A quel point cela ressemble à Paul Auster lui-même ?
Nous sommes en droit de nous poser la question laquelle, je l’espère, sera abordée à La Grande Librairie jeudi soir ou lors de la rencontre orchestrée par François Busnel à laquelle je vais assister samedi au Théâtre du Rond-Point.

Ce livre m’a fait penser à un film que j’avais beaucoup aimé et qui m’avait marquée en son temps (1998) : « Slinding Doors » (« Pile ou face » en français).
On peut aussi faire un parallèle (sans doute facile mais pas si idiot que ça à la réflexion à mon avis) avec un autre film que j’adore : « Forrest Gump ».
Pourquoi ? Eh bien lisez-le et vous comprendrez certainement à quoi je fais allusion !

Je suis loin d’avoir découvert toute l’oeuvre de l’écrivain.
En revanche je peux affirmer et je pense que je ne serai pas la seule à le dire que c’est un roman qui marquera par la force littéraire qui s’en dégage tant du point de l’histoire que de la construction et de l’écriture.

Belle lecture à tous !

Note de l’éditeur (Actes Sud) :

À en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Ham- bourg et s’embarqua sur l’Impératrice de Chine qui franchit l’Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis jeta l’ancre dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. À Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à l’auteur, le nouvel arrivant fut rebaptisé Ferguson. Dès lors, en quatre variations biographiques qui se conjuguent, Paul Auster décline les parcours des quatre possibilités du petit-fils de l’immigrant. Quatre trajectoires pour un seul personnage, quatre répliques de Ferguson qui traversent d’un même mouvement l’histoire américaine des fifties et des sixties. Quatre contemporains de Paul Auster lui-même, dont le “maître de Brooklyn” arpente les existences avec l’irrésistible plaisir de raconter qui fait de lui l’un des plus fameux romanciers de notre temps.

En France, toutes les livres de Paul Auster sont édités chez Actes Sud.

A noter l’admirable traduction par Gérard Meudal.