« En pays conquis » de Thomas Bronnec…

Note de l’éditeur :

La République est paralysée. L’Élysée est à gauche mais l’Assemblée à droite. Très à droite : impossible pour Hélène Cassard, nommée à Matignon, de gouverner sans le soutien des députés du Rassemblement national, le parti extrémiste. Dans un paysage politique en pleine déliquescence, les convictions sont mises à l’épreuve du pouvoir et les hommes de l’ombre s’agitent autour d’un enjeu de taille : l’appartenance de la France à l’Europe.
L’un d’eux, François Belmont, ambitionne de faire éclater les vieux clivages. Rien ne semble résister au grand argentier de la campagne d’Hélène Cassard. À moins que la mort de Christian Dumas, président de la Commission des comptes de campagne, chargé de veiller sur la légalité du financement de la vie politique, ne vienne compromettre ses plans ?

Le contexte choisi ne doit certainement rien au hasard. Il est bien ancré dans une certaine réalité, c’est évident.

Ecrit dans un style plus journalistique (l’auteur est du sérail) que littéraire stricto-sensu, ce roman noir (je ne peux pas parler ici de polar) n’a pas su vraiment me tenir en haleine ni me convaincre au final.
Si j’étais plutôt emballée au départ, j’ai trouvé l’intrigue longue parce qu’un peu plate je dois l’avouer. Dommage.
Mais il a sans aucun doute comme mérite de vouloir nous alerter…

Quoi qu’il en soit, merci à Lecteurs.com pour cette lecture dans le cadre des Quais du Polar.

Editions Série Noire Gallimard

« Marquée à vie » d’Emelie Schepp…

Note de l’éditeur :

Nörrkoping, l’hiver.
La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l’Immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Etrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant – or, la victime n’en a pas… Quelques jours plus tard, le meurtrier est identifié. Mais il est mort. On retrouve son corps sur un rivage désolé, l’arme tout près de lui. Il s’agit bien d’un enfant. Signe particulier, il présente sur la nuque une scarification énigmatique.
Ce nom, gravé grossièrement à même la chair, provoque brutalement chez l’impénétrable Jana, pourtant réputée insensible et glaciale, un véritable séisme intérieur. Car elle porte la même scarification à la base du cou. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashes incontrôlables…

Ce livre est le premier roman d’Emelie Schepp. Il a été publié en Suède en 2014 et vient de paraître chez Harper Collins France.
Deux autres tomes ont paru également dans le pays de l’écrivain (en 2015 et 2016). En France, j’espère qu’ils ne tarderont pas trop…
Pour information, elle a signé un contrat pour six livres à ce jour.

C’est toujours délicat de chroniquer un thriller, surtout que je m’attache personnellement à ne jamais trop dévoiler les livres que je lis.

Ce que j’ai aimé ?
Déjà le fait que ce soit une plume féminine dans ce milieu très masculin. Les thrillers venus des pays du Nord sont particulièrement durs. Sans que cela soit le contraire (ce n’est pas le cas), j’ai ressenti une certaine élégance à arrêter le côté sordide de l’histoire au moment où il fallait. J’ai apprécié cela ayant du mal avec la violence, qui est souvent trop gratuite en la matière.
Ensuite le rythme du livre. Deux histoires se font écho. Le lecteur oscille entre le passé et le présent. La personnalité de l’héroïne se révèle ainsi complexe, surprenante, intrigante et donc irrésistiblement intéressante.
Enfin, elle a réussi à me balader (et ça, j’aime ! :D). J’avais émis deux hypothèses en cours de lecture. La deuxième a primé, mais en partie seulement. Je n’ai donc pas trouvé cela si « facile » comme intrigue. Elle m’a bien tenue en haleine.

Comme souvent avec les thrillers c’est très cinématographique côté écriture lorsqu’ils sont réussis.
J’en verrais bien une adaptation.

Belle lecture à tous !

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’écrivain à l’occasion d’un petit déjeuner littéraire.
Personne très avenante, elle a partagé avec nous un maximum d’informations sur sa façon d’écrire, sa vie quotidienne, sa famille et nous a recommandé de voir la série « The Bridge » qu’elle aime particulièrement…
Ce fût un moment délicieux et fantastique en terme d’échanges que je ne suis pas prête d’oublier !

Le Figaro lui a consacré un bel article que je vous invite à lire : « Qui est Emelie Schepp, nouveau phénomène du polar scandinave ? »

« Cruel vendredi : la fin approche » de Nicci French…

Imaginez…

Vous habitez Londres et vous êtes psychothérapeute.
Un vendredi, un cadavre est repêché dans la Tamise, un bracelet à votre nom autour du poignet.
Mais vous êtes bel et bien vivante !
Vous devenez de fait le suspect numéro un.

« Cruel vendredi » est le cinquième polar qui met en scène Frieda Klein mais il peut se lire indépendamment des quatre premiers (il y a juste quelques petites références mais cela ne peut pas gâcher votre lecture ni votre compréhension de l’intrigue).

Ce livre, vous n’aurez pas envie de le lâcher.
A cause de lui, vous raterez sans doute la bonne station si vous le dévorez dans les transports…
Il vous emporte dans un tourbillon psychologique très bien ficelé.
L’analyse des personnages est fine, l’enquête rondement bien menée dès les premières pages et jusqu’au rebondissement final.

Un GRAND MERCI à Lecteurs.com pour m’avoir fait découvrir cette « série » (je ne manquerai pas de lire les quatre premiers du coup et de me jeter sur le sixième dès sa parution en France).

J’ai vraiment passé un très bon moment, et ce n’est pas Jayavarman qui dira le contraire…

Pour les amoureux du genre, je vous le recommande vivement !

Pour ceux qui ne le savent pas : Nicci French est un pseudonyme sous lequel se cache un couple d’écrivains journalistes anglais (Nicci Gerrard et Sean French).

Editions Fleuve Noir

« A la place de l’autre » de Guy Rechenmann…

Note de l’éditeur :

Un jour de septembre, 6 h 45. La pointe du Cap-Ferret est déserte. Les touristes ont décampé et les rares sédentaires ne se risquent pas si tôt face à un océan d’humeur changeante. Alors que fait là cette silhouette immobile perdue au milieu des blockhaus ? Qu’attend-elle, cette jeune femme?

Cela m’interpelle, moi, Anselme Viloc, le « flic de papier ». En règle générale je fuis les enquêtes ordinaires, j’ai le don de dénicher le grain de sable qui grippe les belles mécaniques assassines. Je ne lâche aucune affaire !

La guerre et les bâtisseurs du mur de l’Atlantique, un enfant et un chat, autant d’indices à prendre en compte.

De Bouliac à la Chalosse, d’Arcachon à Andernos, Marie, Clémence, Marina… trois générations d’une même famille. Noyées dans la folie…

Ou quand les solutions émergent plus du passé que du présent…

Après « Flic de papier » puis « Fausse note« , troisième enquête d’Anselme Viloc.
BONHEUR !

On retrouve cette atmosphère iodée à nulle autre pareille et que l’écrivain connaît si bien, toujours aussi atypique, fantaisiste, poétique, pour notre plus grand plaisir.
Dans ce nouvel opus, l’humour de l’anti-héros s’affûte. On croise en pensées fort à propos Victor Hugo (« C’est parce que l’intuition est surhumaine qu’il faut la croire; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse« ) et Paul Claudel (« Le désordre est le délice de l’imagination« ). Et puis Gédéon, Gédéon…

Nul besoin de choses horribles pour tenir les lecteurs en haleine.
Guy Rechenmann confirme une nouvelle fois sa bien jolie place à part et très méritée dans le monde du Polar.

Et j’attends déjà le prochain avec impatience…

Alors comme Jayavarman, plongez…
Belle lecture à tous !

Editions Les vents salés

« Les sirènes noires » de Jean-Marc Souvira…

« Les sirènes noires », titre à la beauté tragique qui nous met direct dans l’ambiance…

Note de l’éditeur

03 h 20 du matin, Ouest parisien. Le commissaire Mistral écoute un morceau de jazz, son humeur à l’unisson. Les lumières de la ville défilent à travers la vitre. Plongée en apnée dans son âme. Il ne le sait pas encore mais le compte à rebours a commencé.
Plein jour, sud-est du Nigeria. Les tambours résonnent. Margaret, 17 ans, corps de déesse et coeur sur le point d’imploser d’émotion, s’avance sous la tente. La cérémonie débute. Elle ne le sait pas encore mais son destin, et celui de sa famille, sont sur le point de basculer.
Retour à Paris. Un homme guette, attend, les sens en alerte dans l’obscurité. Il n’en peut plus. Il fredonne comme une litanie sans fin son morceau culte d’AC/DC. Il savoure par avance le moment où il possédera sa proie.
Le tic-tac s’égrène. Le point d’impact de ces trajectoires humaines est imminent.

Ce polar, très dense et prenant, décrit à la perfection la traite des jeunes filles à la peau d’ébène ainsi que leurs illusions perdues dès le départ de leurs villages.

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur ce soir à l’ocassion d’un dîner / rencontre littéraire.

Jean-Marc Souvira n’a pas eu besoin de se documenter.
Commissaire divisionnaire il a, dans le cadre de sa belle carrière (toujours d’actualité) exercé (entre autre) au sein de l’Office Central pour la Répression de la Traite des Etres Humains.
Il le dit lui même : son livre reste une fiction mais celle-ci est basée sur de véritables morceaux d’enquêtes.
C’est donc un milieu qu’il connaît extrêmement bien et qui ancre son livre dans un réel pas si courant en la matière.

Côté écriture je l’ai trouvée très visuelle, j’entends par là que tout du long j’avais l’impression de participer à un film grandeur nature.
Il faut savoir que c’est par le biais du scénario qu’il est entré en littérature, et cela se ressent vraiment beaucoup et rend l’histoire haletante tellement les détails offerts à la lecture sont imagés.

Plusieurs évènements se mêlent, marquant ainsi le fait que la PJ ne travaille jamais que sur une seule affaire.
En cela aussi ces pages sont terriblement crédibles.

Difficile d’en dire plus sans trop raconter l'(es) intrigue(s)…

Tout ce que je peux ajouter, c’est que j’ai découvert un écrivain de polar que je vais continuer de dévorer (il a déjà écrit trois livres : « Le magicien », « Le vent t’emportera » et « Les rotules en os de mort ») et si l’occasion se représente je prendrai plaisir à converser une nouvelle fois avec lui tellement il est abordable et intéressant à écouter.
Au-delà du commissaire il y a un auteur assurément talentueux……… et un homme. Un homme qui a deux passions, aussi fortes l’une que l’autre et qu’il sait partager.

Pour information, il sera le 11 juin prochain à Dijon pour les rencontres littéraires « Clameur(s) ».
Ne le ratez surtout pas…

Je terminerai avec ses propres mots fort à propos relevés lors du dîner :

« L’écriture apporte des moments de coïncidences exceptionnelles »

Belle lecture à tous !

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Editions Fleuve Noir

Encore un GRAND MERCI à Dominique qui se reconnaîtra.