« En pays conquis » de Thomas Bronnec…

Note de l’éditeur :

La République est paralysée. L’Élysée est à gauche mais l’Assemblée à droite. Très à droite : impossible pour Hélène Cassard, nommée à Matignon, de gouverner sans le soutien des députés du Rassemblement national, le parti extrémiste. Dans un paysage politique en pleine déliquescence, les convictions sont mises à l’épreuve du pouvoir et les hommes de l’ombre s’agitent autour d’un enjeu de taille : l’appartenance de la France à l’Europe.
L’un d’eux, François Belmont, ambitionne de faire éclater les vieux clivages. Rien ne semble résister au grand argentier de la campagne d’Hélène Cassard. À moins que la mort de Christian Dumas, président de la Commission des comptes de campagne, chargé de veiller sur la légalité du financement de la vie politique, ne vienne compromettre ses plans ?

Le contexte choisi ne doit certainement rien au hasard. Il est bien ancré dans une certaine réalité, c’est évident.

Ecrit dans un style plus journalistique (l’auteur est du sérail) que littéraire stricto-sensu, ce roman noir (je ne peux pas parler ici de polar) n’a pas su vraiment me tenir en haleine ni me convaincre au final.
Si j’étais plutôt emballée au départ, j’ai trouvé l’intrigue longue parce qu’un peu plate je dois l’avouer. Dommage.
Mais il a sans aucun doute comme mérite de vouloir nous alerter…

Quoi qu’il en soit, merci à Lecteurs.com pour cette lecture dans le cadre des Quais du Polar.

Editions Série Noire Gallimard

« A la place de l’autre » de Guy Rechenmann…

Note de l’éditeur :

Un jour de septembre, 6 h 45. La pointe du Cap-Ferret est déserte. Les touristes ont décampé et les rares sédentaires ne se risquent pas si tôt face à un océan d’humeur changeante. Alors que fait là cette silhouette immobile perdue au milieu des blockhaus ? Qu’attend-elle, cette jeune femme?

Cela m’interpelle, moi, Anselme Viloc, le « flic de papier ». En règle générale je fuis les enquêtes ordinaires, j’ai le don de dénicher le grain de sable qui grippe les belles mécaniques assassines. Je ne lâche aucune affaire !

La guerre et les bâtisseurs du mur de l’Atlantique, un enfant et un chat, autant d’indices à prendre en compte.

De Bouliac à la Chalosse, d’Arcachon à Andernos, Marie, Clémence, Marina… trois générations d’une même famille. Noyées dans la folie…

Ou quand les solutions émergent plus du passé que du présent…

Après « Flic de papier » puis « Fausse note« , troisième enquête d’Anselme Viloc.
BONHEUR !

On retrouve cette atmosphère iodée à nulle autre pareille et que l’écrivain connaît si bien, toujours aussi atypique, fantaisiste, poétique, pour notre plus grand plaisir.
Dans ce nouvel opus, l’humour de l’anti-héros s’affûte. On croise en pensées fort à propos Victor Hugo (« C’est parce que l’intuition est surhumaine qu’il faut la croire; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse« ) et Paul Claudel (« Le désordre est le délice de l’imagination« ). Et puis Gédéon, Gédéon…

Nul besoin de choses horribles pour tenir les lecteurs en haleine.
Guy Rechenmann confirme une nouvelle fois sa bien jolie place à part et très méritée dans le monde du Polar.

Et j’attends déjà le prochain avec impatience…

Alors comme Jayavarman, plongez…
Belle lecture à tous !

Editions Les vents salés

« Les sirènes noires » de Jean-Marc Souvira…

« Les sirènes noires », titre à la beauté tragique qui nous met direct dans l’ambiance…

Note de l’éditeur

03 h 20 du matin, Ouest parisien. Le commissaire Mistral écoute un morceau de jazz, son humeur à l’unisson. Les lumières de la ville défilent à travers la vitre. Plongée en apnée dans son âme. Il ne le sait pas encore mais le compte à rebours a commencé.
Plein jour, sud-est du Nigeria. Les tambours résonnent. Margaret, 17 ans, corps de déesse et coeur sur le point d’imploser d’émotion, s’avance sous la tente. La cérémonie débute. Elle ne le sait pas encore mais son destin, et celui de sa famille, sont sur le point de basculer.
Retour à Paris. Un homme guette, attend, les sens en alerte dans l’obscurité. Il n’en peut plus. Il fredonne comme une litanie sans fin son morceau culte d’AC/DC. Il savoure par avance le moment où il possédera sa proie.
Le tic-tac s’égrène. Le point d’impact de ces trajectoires humaines est imminent.

Ce polar, très dense et prenant, décrit à la perfection la traite des jeunes filles à la peau d’ébène ainsi que leurs illusions perdues dès le départ de leurs villages.

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur ce soir à l’ocassion d’un dîner / rencontre littéraire.

Jean-Marc Souvira n’a pas eu besoin de se documenter.
Commissaire divisionnaire il a, dans le cadre de sa belle carrière (toujours d’actualité) exercé (entre autre) au sein de l’Office Central pour la Répression de la Traite des Etres Humains.
Il le dit lui même : son livre reste une fiction mais celle-ci est basée sur de véritables morceaux d’enquêtes.
C’est donc un milieu qu’il connaît extrêmement bien et qui ancre son livre dans un réel pas si courant en la matière.

Côté écriture je l’ai trouvée très visuelle, j’entends par là que tout du long j’avais l’impression de participer à un film grandeur nature.
Il faut savoir que c’est par le biais du scénario qu’il est entré en littérature, et cela se ressent vraiment beaucoup et rend l’histoire haletante tellement les détails offerts à la lecture sont imagés.

Plusieurs évènements se mêlent, marquant ainsi le fait que la PJ ne travaille jamais que sur une seule affaire.
En cela aussi ces pages sont terriblement crédibles.

Difficile d’en dire plus sans trop raconter l'(es) intrigue(s)…

Tout ce que je peux ajouter, c’est que j’ai découvert un écrivain de polar que je vais continuer de dévorer (il a déjà écrit trois livres : « Le magicien », « Le vent t’emportera » et « Les rotules en os de mort ») et si l’occasion se représente je prendrai plaisir à converser une nouvelle fois avec lui tellement il est abordable et intéressant à écouter.
Au-delà du commissaire il y a un auteur assurément talentueux……… et un homme. Un homme qui a deux passions, aussi fortes l’une que l’autre et qu’il sait partager.

Pour information, il sera le 11 juin prochain à Dijon pour les rencontres littéraires « Clameur(s) ».
Ne le ratez surtout pas…

Je terminerai avec ses propres mots fort à propos relevés lors du dîner :

« L’écriture apporte des moments de coïncidences exceptionnelles »

Belle lecture à tous !

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Editions Fleuve Noir

Encore un GRAND MERCI à Dominique qui se reconnaîtra.

« Fausse note » de Guy Rechenmann…

« Fausse note » est la suite (bien qu’indépendante) de « Flic de papier » dont je vous avais parlé en janvier dernier.

J’ai retrouvé avec plaisir ce personnage peu banal, à mi-chemin entre Maigret et Hercule Poirot (que j’adore).

Note de l’éditeur

Printemps 1992, promotion oblige, Anselme Viloc sévit à Castéja, le célèbre commissariat de Bordeaux. Spécialisé dans les causes perdues, il reçoit, le matin du 16 avril, le témoignage à la fois loufoque et émouvant d’un père à la dérive, concernant sa fille Pauline disparue depuis presque une année.
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

La partie ne sera pas facile pour Anselme, le « flic de papier », les indices lointains et rares et les nouveaux personnages rencontrés pas ou peu coopératifs.

Cette nouvelle enquête d’Anselme Viloc oscille entre le présent et l’Histoire (Seconde guerre mondiale) dans laquelle elle trouve son épilogue (sans rien vouloir dévoiler de plus).
Celle-ci donne un rythme soutenu et délicieusement mystérieux à ce roman que j’ai beaucoup apprécié.

Cela fait vraiment du bien de se plonger dans des livres différents, à l’atmosphère iodée faussement calme et qui se révèle être une sacrée muse policière…

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NDLR. Bonne nouvelle : la troisième enquête paraîtra en mai prochain !

Editions Les vents salés
2015

« Flic de papier » de Guy Rechenmann…

Note de l’éditeur

Printemps 1988. Un homme disparaît au Cap-Ferret. La disparition, c’est une blessure jamais refermée et c’est l’histoire d’Anselme…
Originaire de Chambéry et récemment muté au commissariat d’Arcachon pour retrouver des couleurs après une sordide affaire, Anselme Viloc, simple inspecteur de police, est chargé de l’enquête. Alors, tous les jours ou presque, il prend la pinasse et traverse le Bassin. Il ne s’en plaint pas : la presqu’île est envoûtante.
Bizarrement dans cette affaire, il n’y a pas le moindre embryon de piste. De surcroît, ici les gens parlent peu aux étrangers, encore moins aux flics. Par chance, il a noué des liens avec Éric, le jeune pilote de la navette et David, le patron de l’Escale, deux garçons de bon sens. Eux, ils connaissent du monde…

On rentre dans l’histoire dès les premières lignes.
Il n’y a aucun temps mort mais ce policier se veut différent… et c’est tant mieux !

Guy Rechenmann nous propose un flic humain, simple, normal. Un anti-héros quelque part, avec ses failles et ses faiblesses.
C’est certainement ce parti pris peu commun qui rend le personnage émouvant, intéressant et qui fait que l’on s’y attache… beaucoup !

Ecrit à la première personne,  j’ai vécu l’histoire comme un véritable journal de bord et j’ai beaucoup apprécié ce style qui rythme l’enquête.
L’écriture mêle poésie, humour et sérieux avec cette pointe de sel qui fait qu’on dévore le livre telle une bouffée d’oxygène iodée.

Je me plongerai très vite dans le second opus paru en 2015 : « Fausse note ».
A suivre donc…

Belle lecture à tous !

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Editions Vents Salés
2014