Palmarès des Grands Prix ELLE 2018 et……………………….

Hier a été rendu public le palmarès des Grands Prix ELLE 2018.

Le matin, le jury du Grand Prix des Lycéennes a récompensé « Et soudain, la liberté » d’Evelyne Pisier & Caroline Laurent.

Et soudain, la liberté Evelyne Pisier Caroline Laurent Editions Les Escales

Le soir, le jury du Grand Prix des Lectrices (dont je faisais partie) a distingué :
– dans la catégorie Roman : « La salle de bal » d’Anna Hope
– dans la catégorie Essai : « Les passeurs de livres de Daraya » de Delphine Minoui
– dans la catégorie Thriller : « Les chemins de la haine » d’Eva Dolan

La maison Guerlain, quant à elle, a mis à l’honneur Karina Hocine, Editrice et Directrice Générale des Editions Lattès.

La soirée de remise du Prix a eu lieu dans les très beaux Salons France-Amérique à Paris hier au soir.
Mis à part le fait d’avoir pu échanger avec Anna Hope (accompagnée de sa formidable éditrice Marie-Pierre Gracedieu) et Delphine Minoui de manière bien sympathique (Eva Dolan était absente), j’avoue que je me suis levée ce matin avec un goût d’écoeurement profond concernant cette soirée.
J’ai beaucoup hésité à le coucher sur le clavier et puis je me suis rappelée ce qui fait, je pense, l’intérêt de mon blog : l’honnêteté (à laquelle je suis très attachée).
Je pensais qu’après une aventure littéraire de neuf mois, nous pourrions avoir (enfin) de vrais échanges avec les principales organisatrices (que je ne citerai pas parce que tout le monde les connaît). Naïvement je me trompais. A part des sourires de circonstances, je n’ai pas ressenti la moindre considération. Pire même : un profond mépris.
Au-delà des paillettes, j’ai très vite compris pourquoi on nous obligeait à porter des badges bien reconnaissables et remis dès notre arrivée : pour mieux nous parquer (je n’ai pas d’autre mot) dans une salle annexe à celle principale de la remise du Prix qui grouillait d’éditeurs, de leurs équipes, de journalistes, d’auteurs pour la plupart « bancables » et autres invités people. Nous n’avions qu’un simple écran pour suivre la soirée que nous étions pourtant censées vivre « en direct ». On nous avait tout de même vendu un peu de rêve à la base…
Personnellement après avoir subi cela, j’ai pris la poudre d’escampette après m’être frayée un chemin (non sans mal étant donné le monde) vers la sortie. Je ne voulais pas en éprouver davantage, tout simplement. Ce type d’évènement ne m’intéresse pas sans intéractions intellectuelles dignes de ce nom et je me fiche de boire du champagne pour la galerie. Je n’étais pas là pour ça (Ah bon ?! Eh ben non).
Ce microcosme est particulièrement violent lorsque l’on n’en fait pas partie.  Je le savais mais les personnes concernées me l’ont rappelée d’une façon bien amère.
Mon seul bonheur avant ma fuite ? Avoir pu féliciter et converser un peu avec la traductrice d’Anna Hope, Elodie Leprat.

Du coup cela plombe mon avis sur cette aventure qui s’est achevée.
Outre la soirée finale, les mises en avant de certaines qui ont pris un melon de dingue ont beaucoup gâché les choses côté échanges et rapports humains aussi. C’est dit.
Ce que j’ai apprécié (pour tenter de rester sur du positif) ? Les différentes catégories et la diversité de nationalités des écrivains à lire. Sans oublier la gentillesse des auteurs et le temps qu’ils nous ont accordées lors des rencontres. Ca, c’est à souligner, oui.

Je suis ravie qu’Anna Hope, « l’espoir montant des lettres britanniques » (Tirhankar Chanda, RFI, Les voix du monde), monte sur la première marche avec son deuxième très beau roman.
Je me rends compte que je me tourne de plus en plus vers la Littérature Etrangère, qui semble plus combler ma soif de lectrice.

Très contente également pour Delphine Minoui dont « les passeurs de livres de Daraya » méritaient de prendre encore plus de lumière eu égard au courage qu’ils ont eu et qu’ils ont encore.  C’est très mérité.

Quant au polar, ce n’était pas mon préféré mais il était très intéressant pour son côté « social ». Eva Dolan, anglaise de son Etat, est un auteur à suivre.

Au final je me dis que c’est un très beau podium, sans aucun doute non attendu par certaines -toujours les mêmes- (qui suivent un peu trop la mode des écrivains  hyper connus à aimer obligatoirement) et cela me comble d’autant plus. C’est dit aussi.

Pour le reste, c’est à oublier. Très vite !

Belles lectures à tous si ce n’est pas déjà fait.
Les livres, c’est bien le plus important…

Oui je prends le risque que cette brève ne plaise pas.
Oui je prends le risque d’être photoshopée en quelqu’un d’autre sur la photo de groupe qui sera publiée dans un des prochains ELLE.
Oui je prends le risque de ne plus être invitée (en même temps ce n’est pas leur style d’une année sur l’autre).
Mais je ne vois pas ce qui m’obligerait à passer sous silence la triste réalité. Et puis si cette brève peut servir à changer en mieux des comportements afin que ce Prix retrouve toute son essence, alors j’en serai ravie. 

Auteur : Céline Huet-Amchin

Blogueuse & Artiste voyageuse. Jamais sans un livre, un thé, mes pinceaux, nos poilus et Mon Brun ! (dans le désordre) Passion Asie, éléphants, pandas, licornes, dragons et lapin (d'Alice)

4 réflexions sur « Palmarès des Grands Prix ELLE 2018 et………………………. »

  1. Merci d’avoir osé dire tout haut ce que nous sommes sans doute nombreuses à avoir pensé tout bas. J’ai failli quitté la soirée avant le commencement, puisque de toute façon, ne venant pas pour le champagne et les paillettes, j’avais préféré rentrer dans ma province de bouseuse par le dernier TGV. Quand j’ai vu que d’autres s’étaient installées au fond de la grande salle, j’en ai profité jusqu’à la remise du Prix à Delphine Minoui, 20h30 étant ma deadline pour filer à la gare. Tant pis pour le reste. Sur le moment, j’ai sincèrement pensé que réserver le TGV du soir était le meilleur choix que j’avais fait.

    Il n’y avait pas que des lectrices parisiennes à la soirée, prendre des congés pour venir, organiser son absence au bureau, payer ses billets de train, c’était un choix financier et organisationnel délibéré de ma part… mais pas pour être enfermée devant un écran, bien marquée au fer du badge : ici on ne mélange pas les torchons et les serviettes.

    L’année dernière, j’avais regardé sur ma tablette, dans mon lit, la captation en direct sur la page Elle sur Facebook. Et cette place était bien plus agréable !

  2. Céline, j’ai eu un peu le même ressenti (peu de considération du côté de l’organisation, par rapport aux invités « select » de la soirée, mais juste sur les photos ! Je comprends ton. dégoût (peut-on y aller si fort ?). Mais penses-tu aux filles qui n’ont pas pu venir ? Aux filles non parisiennes pour qui les paillettes et le champagne, le fait même d’entrer chez Guerlain et de cotoyer ces auteurs et journalistes, de retrouver les autres jurées, est un évènement en soi ? Peut-être, en tant que parisienne évoluant souvent dans les soirées, entre hôtels, salons et conférences, es-tu un peu blasée par tout ça ? Loin de moi l’idée d’une critique, simplement une piste d’explication. Qu’en penses-tu ?

    1. Loin de moi d’être blasée. Ce n’est pas du tout le cas pour qui me connait. Ma brève est juste factuelle. Ce matin j’étais au petit déjeuner presse d’une revue et je n’ai rien eu à redire si ce n’est que c’était parfait (à venir sur mon blog). J’ai assisté à d’autres remises de prix qui étaient très bien aussi. CQFD. Et je suis une provinciale à Paris pour info…

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