« Un certain Monsieur Piekielny » de François-Henri Désérable…

Note de l’éditeur :

«Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.»

Ou comment la force d’une phrase, au départ anodine, nous plonge avec une force incroyable dans tout ce qu’a été Romain Gary !

Si au départ cet étrange et mystérieux Monsieur Piekielny m’a décontenancée, il s’est bonifié au fur et à mesure des pages et j’ai pris un malin plaisir à savoir lire entre les lignes.

Des rencontres imaginaires, un ton ironique et humoristique totalement irrésistible, mais aussi un sublime éloge des mères…

En littérature, j’aime être surprise, bousculée et lire des livres qui sortent des sentiers battus.
Désérable devient donc mon héros avec cette enquête « littéraire », cette quête identitaire des plus minutieuses, méticuleuses.
C’est une délicieuse balade, certes cousue de fil blanc au final mais rondement menée que je vous recommande vivement !

Editions Gallimard

Livre lu dans le cadre du Jury du Grand Prix des Lectrices 2018 dont je fais partie !

« Haute voltige » d’Ingrid Astier…

Note de l’éditeur :

Combien d’apocalypses peut-on porter en soi?
Aux abords de Paris, le convoi d’un riche Saoudien file dans la nuit. Survient une attaque sans précédent, digne des plus belles équipes. «Du grand albatros» pour le commandant Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme, stupéfaits par l’envergure de l’affaire. De quoi les détourner un temps de leur obsession du Gecko – une légende vivante qui se promène sur les toits de Paris, l’or aux doigts, comme si c’était chez lui, du dôme de l’Institut de France à l’église Saint-Eustache…
Derrière l’attaque sanglante, quel cerveau se cache? Le butin le plus précieux du convoi n’est pourtant ni l’argent ni les diamants. Mais une femme, Ylana, aussi belle qu’égarée. Ranko est un solitaire endurci, à l’incroyable volonté. Mais aussi un homme à vif, atteint par l’histoire de l’ex-Yougoslavie. L’attaque du convoi les réunit. Le destin de Ranko vient irrémédiablement de tourner. Son oncle, Astrakan, scelle ce destin en lui offrant un jeu d’échecs. Le jeu de Svetozar Gligoric, le grand maître qui taillait ses pièces dans des bouchons de vin. Et lui demande de se battre – à la boxe et aux échecs, pour infiltrer le monde de l’art et dérober ses plus belles œuvres à Enki Bilal, le célèbre artiste. La guerre et l’amour planent comme des vautours.
De la police, d’une femme ou du destin, qui est capable de faire chuter Ranko?

Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler l’intrigue.
Je suis l@ pour essayer de vous donner envie de découvrir cet écrivain si vous ne la connaissez pas.

Ingrid Astier n’en est pas à son premier roman noir.
Elle a su trouver une place particulière dans ce monde en laissant des empreintes marquées avec sa manière de marier les Lettres, l’Art, la Nature, la Poésie, l’Aventure et cette fièvre du détail dans sa façon d’écrire.

J’ai rarement été confrontée à des personnages aussi bien brossés; à des lignes, des mots à ce point aux p’tits oignons.
Rien n’est là par hasard.
C’est le fruit d’un travail, d’un vécu en amont de la plume hors norme.

Et quand au fil d’une rencontre littéraire organisée par Lecteurs aux derniers Quais du Polar on apprend de sa bouche qu’elle a passé du temps avec différents services de la Police, avec des Serbes et qu’elle nous a avoué, confié bien d’autres choses sous le sceau du secret, on se rend compte qu’écrire pour elle n’est pas un vain mot.
Elle est capable de se confronter à tout, de supporter tout pour atteindre cette justesse (réaliste) incroyable, cette sensibilité extraordinaire.

Et on se laisse emporter au fil des pages, irrésistiblement.

Ingrid est une femme à multifacettes digne d’un roman.
Elle me fait penser à un chat, qui aurait avalé un aigle…
Vous voulez comprendre ce que j’entends par là ? Lisez-là.

Belle lecture à tous !

Editions Gallimard série noire

« En pays conquis » de Thomas Bronnec…

Note de l’éditeur :

La République est paralysée. L’Élysée est à gauche mais l’Assemblée à droite. Très à droite : impossible pour Hélène Cassard, nommée à Matignon, de gouverner sans le soutien des députés du Rassemblement national, le parti extrémiste. Dans un paysage politique en pleine déliquescence, les convictions sont mises à l’épreuve du pouvoir et les hommes de l’ombre s’agitent autour d’un enjeu de taille : l’appartenance de la France à l’Europe.
L’un d’eux, François Belmont, ambitionne de faire éclater les vieux clivages. Rien ne semble résister au grand argentier de la campagne d’Hélène Cassard. À moins que la mort de Christian Dumas, président de la Commission des comptes de campagne, chargé de veiller sur la légalité du financement de la vie politique, ne vienne compromettre ses plans ?

Le contexte choisi ne doit certainement rien au hasard. Il est bien ancré dans une certaine réalité, c’est évident.

Ecrit dans un style plus journalistique (l’auteur est du sérail) que littéraire stricto-sensu, ce roman noir (je ne peux pas parler ici de polar) n’a pas su vraiment me tenir en haleine ni me convaincre au final.
Si j’étais plutôt emballée au départ, j’ai trouvé l’intrigue longue parce qu’un peu plate je dois l’avouer. Dommage.
Mais il a sans aucun doute comme mérite de vouloir nous alerter…

Quoi qu’il en soit, merci à Lecteurs.com pour cette lecture dans le cadre des Quais du Polar.

Editions Série Noire Gallimard

« L’insouciance » de Karine Tuil…

Note de l’éditeur

Sur l’autel de l’identité (thème récurrent dans l’oeuvre de Karine Tuil), de la perversion, du fric, de l’ambition, des calculs, des rapports de force, de la tentation communautaire, des règlements de compte, des trahisons, des coups bas, des vexations, des risques, des sanctions, de l’opportunisme, du sexe et j’en passe, le lecteur suit avec une certaine forme d’addiction quatre personnages (un militaire, un homme d’affaires, une journaliste et un politique).

Au-delà de la trame romanesque, l’écrivain porte un regard précis, exigeant, sans concession, lucide et intelligent sur notre société et notre Temps.

Une construction aboutie, une très belle écriture qui vous emporte…
Il n’en faut pas moins pour me faire dire que c’est un grand livre, que j’ai eu une chance folle d’avoir pu le lire (sur les bons conseils du Chevalier-Libraire Nathalie Couderc)………. et de rencontrer l’auteur si intéressante à écouter, bienveillante et généreuse jeudi soir chez Gallimard dans le cadre d’une rencontre littéraire des plus réussies organisée par Babelio.

Les jurys du Goncourt et de l’Académie Française l’ont retiré de leurs listes.
Grand mal leur en a pris.
Je suis certaine que plusieurs lecteurs attentifs à ce qu’ils ont eu entre les mains en feront leur chouchou de cette rentrée littéraire.
Et ce n’est pas Jayavarman qui dira le contraire.

Belle lecture à tous !

Editions Gallimard

« Le sel de nos larmes » de Ruta Sepetys…

Note de l’éditeur

Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées.

Chacun né dans un pays différent.
Chacun traqué et hanté par sa propre guerre.
Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes…
Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…

Inspirée par la plus grande tragédie de l’histoire maritime, Ruta Sepetys lève le voile sur une catastrophe scandaleusement occultée de la Seconde Guerre mondiale, qui a fait au moins six fois plus de victimes que le Titanic en 1912.

Je ne suis pas du tout une habituée des romans historiques, mais j’avoue que celui-ci m’a particulièrement plu !

Déjà par l’aspect complètement inconnu des évènements en question (vous connaissiez vous le Wilhem Gustloff ?!).
J’aime qu’un livre m’apporte quelque chose. Celui-ci m’a fait connaître une tragédie humaine et maritime hors du commun que les livres scolaires n’ont jamais évoquée !

Ensuite par la découverte de cet écrivain lituano-américain, une femme incroyable qui aime mettre en lumière des pans d’Histoire méconnus d’une plume brillante, superbement traduite, extrêmement bien documentée, aussi réaliste que romanesque.

Enfin par son côté récit à quatre voix qui rythment le livre du début jusqu’à la fin.

Véritable drame humain (avant et après l’embarquement), ces pages abordent le thème de l’exil mêlé d’espoir qui s’achèvera (pour la majorité des passagers) au fond de l’océan.
Elles libèrent des fantômes depuis trop longtemps enfouis qui ont sombré dans l’oubli le plus total et que Ruta Sepetys ranime en leur accordant un souffle de vie (littéraire) plus que mérité.

Un GRAND MERCI à Babelio de me l’avoir mis entre les mains (et en plus de m’avoir fait rencontrer l’auteur).
Paru chez Gallimard Jeunesse, je ne suis pas certaine que je ne serais pas passée  à côté…

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NDLR. Lire également en parallèle mon billet « De Gaston Gallimard à François-Miron« ).